Il mit sa tête contre l'épaule de Barbara, pareil à un enfant têtu qui ne peut contenir davantage sa peine, et il éclata en sanglots.

— Allons, allons ! balbutia la jeune femme. Faut pas pleurer comme ça, mon petit Mau-mau…

— Laisse couler les larmes du repentir, conseilla Jango. Ce jeune homme m'a l'air d'avoir trouvé la route de la réhabilitation.

— Oui ! fit Maurice avec feu en redressant son visage inondé. Je suis un salaud ! Mon oncle ! Oh ! Mon bon oncle… Pardon !

Il se mit à genoux (hiboux, joujoux, cailloux…, pensa Jango devant la toile). Il contemplait, désespéré, l'image de la bonté, du courage, de l'honnêteté…

Il s'accusa, en se frappant la poitrine, des forfaits qu'il avait commis et de ceux qu'il avait pensé commettre.

— Mon oncle ! s'écria-t-il en étendant le bras et en frappant le parquet du talon, ainsi que procède M. Jean Chevrier[2] pour exprimer la détermination ; mon oncle bien-aimé, je fais le serment de suivre votre exemple ! Désormais, ma vie sera à l'image de la vôtre. De ce pas je vais m'engager dans l'armée…

— Allons, dit Barbara à Jango, cache cette toile ! Tu ne vois pas qu'il se met à déconner…

Jango obéit.

— Tu as tort de parler comme ça, objecta-t-il doucement. Le remords est une bonne chose…