Barbara, dans un grand élan d'altruisme, se voulut sédative.
— Enfin te voilà libre ! En somme, tu pourras faire pas mal de fric rien qu'en vendant les collections du vieux.
— Les femmes sont pratiques, murmura Maurice.
Mais on le sentait soulagé.
— Moi qui m'étais préparé un alibi, soupirat-il. Comme je savais que la chose devait se passer du côté de Poissy, je suis allé me faire suer à Versailles. Je me suis envoyé le château, le parc, les deux Trianons et le hameau : au moins dix kilomètres d'allées et venues en compagnie d'un vieil Anglais à qui j'ai dû raconter toute l'histoire de France. J'avais conservé mes billets de musée ; je m'étais fait remarquer par les gardiens en leur posant des questions… Tout ça en pure perte…
— Baste, ça t'a fait du bien, un peu d'exercice, dit Barbara.
CHAPITRE III
En descendant de la gare, Jango chercha sa maison au milieu d'une grève de toits multiformes, l'identifia grâce à sa cheminée en forme de pas de vis, et sourit d'aise. En s'exhalant, son souffle devint harmonieux, et bientôt il découvrit que tout son être fredonnait une chanson d'allégresse.
Il s'arrêta chez l'épicier italien afin d'y acheter des dattes pour bonne-maman et une sucette pour Zizi. Lesté de ces emplettes, il s'achemina vers son logis d'où s'échappait une fumée de bonheur, rectiligne et bleue.
Ce fut Zizi qui lui ouvrit la porte du jardin.