Je fais demi-tour. Me voilà bien content de moi mais assez embarrassé cependant, car je me demande où je vais pouvoir transbahuter mon colibard.
Ça n’est vraiment pas un cadeau à faire à la mère Broukère, et il ne serait pas prudent de l’emmener chez Bourgeois, la voiture est une bagnole allemande et elle sera vite repérée.
J’aperçois un petit café sur la route. J’arrête la voiture à une certaine distance de manière à ce que les patrons de l’établissement ne puissent pas lire les numéros, puis je me catapulte dans l’établissement.
— Qu’est-ce que ce sera, monsieur le curé ?
C’est tout juste si je ne me retourne pas pour voir à quel curé parle l’aubergiste. Heureusement je réalise à temps.
— Un verre de bière, s’il vous plaît. Puis-je téléphoner ?
Il me désigne l’appareil fixe, au mur. Ça la fout mal qu’il n’y ait pas de cabine, je vais être obligé de débiter ma salade devant la brave homme de l’estanco.
— Allô ! Bourgeois ?
— Qui est à l’appareil ?
— L’abbé Antoine.