« Il paraît que vous allez à une soirée pour essayer de tuer un de ces sales types de la Gestapo. Je t’en prie, emmène-moi. Je pourrais peut-être t’être utile. Une femme, on ne s’en méfie pas…
— Tu plaisantes. Je n’ai pas l’habitude d’entraîner les bonnes femmes au casse-pipe.
— Je n’ai pas peur, tu sais. Pas avec toi.
Bref, elle me turlupine tellement que je finis par céder. Après tout, c’est vrai qu’elle peut m’être utile avec son air un peu gourdasse. Bien entendu, je ne lui parle pas de cette dernière raison.
* * *
Si les yeux de Laura étaient des pistolets, il ne me resterait plus qu’à jouer au général Ney en gueulant : « Droit au cœur, mais épargnez le visage. »
En me voyant entrer chez la mère Broukère avec une autre grognasse, elle sursaute comme si elle venait de s’asseoir sur un ménage de couleuvres.
Je prends un air dégagé et j’embrasse les deux femmes.
— Thérèse, une collaboratrice…
Les deux poupées balbutient un bref bonjour.