— Dans ce cas… Tenez, amenez-le dans ce réduit, le Frigidaire est déjà plein.
Nous contournons la cuisine à sa suite et nous pénétrons dans un réduit à balais.
Le maître d’hôtel nous regarde déposer la caisse. Si au moins il pouvait se barrer… Mais au contraire, il se penche et extrait une bouteille d’un des casiers, afin d’en examiner la marque. Puis il va pour la remettre, et c’est alors qu’il découvre la brave Thompson.
— Madre dé Dio ! balbutie-t-il.
Il en dirait certainement plus long, et d’une voix plus forte, mais je ne lui en laisse pas le temps. Je lui administre un coup de crosse de mon 9 mm sur la nuque, en faisant donner mes quatre-vingts kilos. Ça craque comme un sac de noix qui dévale un escalier, et le type se répand dans les toiles d’araignée. Je le fais basculer à l’autre extrémité du réduit, et je le dissimule au moyen des balais et des seaux entreposés là.
— Le bidule commence ! dis-je rapidement. À partir de tout de suite, il ne faut pas s’éterniser.
« Voilà exactement ce que nous allons faire : vous, Bourgeois, vous allez rester ici. Préparez la mitraillette et mettez-la à portée de la main. Vous surveillerez les couloirs entre ici et la salle de réception. Si vous voyez que j’arrive par là en galopant, attrapez votre sulfateuse et frayez-vous un chemin vers l’extérieur ; vous savez vous en servir ?
— Soyez tranquille.
— Bien. Thérèse va aller dans la grande salle. Tu as saisi, Thérèse ? Tu repéreras von Gressen ; au besoin, je te l’indiquerai discrètement. Il faudra que tu t’approches de lui et que tu lui parles. Tu lui diras : « Monsieur, j’ai une importante communication à vous faire au sujet de la mort de votre collaborateur Thierry. » Tu te souviendras ?
Thérèse répète avec application :