Il se précipite dans la grande salle.
Je vais pour lui courir aux fesses, mais je me ravise. Il veut jouer ses magnes tout seul. Il veut apporter sa carcasse à cette vacherie de guerre. Son heure vient de sonner et il l’a reconnue ; il y répond.
J’entends la grosse voix rocailleuse de la Thompson qui éclate comme un tonnerre et débite de la mort à toute allure dans la pièce voisine.
Puis d’autres coups de feu lui répondent, et la Thompson se tait. C’est le moment de me défiler sur la pointe des pattes. Bourgeois vient de se faire nettoyer du bal, c’est le cas de le dire. S’il n’a pas eu Thérèse, qu’est-ce que nous allons déguster !
Je me précipite vers la sortie, l’air complètement jojo, en hurlant :
— À l’aide ! Au secours ! On se tue !
Je fais des signes désespérés aux factionnaires.
Je gueule :
— Achtung ! en leur désignant l’intérieur de l’ambassade.
Comme un seul homme, ils s’engouffrent dans les bâtiments.