— Il faut absolument que nous levions l’ancre, dis-je.

— C’est impossible !

— Ne dites pas de bêtises. Je ne veux pas m’éterniser dans votre cagibi, j’ai du travail qui m’attend de l’autre côté du Chanel… Depuis la mort de Bourgeois, tout contact est rompu avec Londres. Or il a été convenu avec le major Parkings, mon chef, qu’un avion m’attendrait six jours après mon arrivée, à minuit, dans un champ près de Furnes. C’est ma dernière chance pour regagner Londres. Nous devons partir aujourd’hui même.

— Mais les routes sont gardées ! Vous serez arrêtés…

Je me gratte la tête.

— Dites-moi, madame Broukère, du grenier la vue plonge chez votre voisin de derrière. Qu’est-ce qu’il fiche, ce mec ?

— Il tient une succursale des pompes funèbres.

— C’est bien ce que je pensais… Eh bien, il va nous être utile.

Elle a un geste d’effroi.

— Y pensez-vous ! C’est un collaborateur notoire ! Jamais il ne consentirait à vous aider ; pire même, il vous dénoncerait immédiatement.