— Vous pouvez continuer, me dit avec raideur l’officier, lequel, je l’avoue, semble réprouver ces manières.

Je ne me le fais pas dire deux fois et j’escalade mon siège rapidos.

En m’éloignant, je regarde le groupe sur la route dans mon rétroviseur. Ulrich et l’officier discutent le bout de gras. M’est avis qu’ils échangent des propos aigres-doux. Les méthodes de la Gestapo doivent quelque peu déconcerter le militaire. Il est vrai qu’il a dû en voir bien d’autres !

Je jette un coup d’œil à Laura : elle est verte comme une feuille de radis. On dirait qu’elle va défaillir.

Moi-même j’éprouve comme une nausée à la pensée de la môme Thérèse perforée dans son cercueil.

Néanmoins je remonte Laura :

— C’est moche, hein ? je lui fais. Enfin elle n’a que ce qu’elle méritait…

Je n’ai pas fait quatre bornes que la voiture d’Ulrich jaillit dans mon rétroviseur.

Elle nous rattrape rapidement, mais, au lieu de nous doubler, la voici qui ralentit.

Oh là… Qu’est-ce à dire ? Cette espèce de musico de la torture se serait-il ravisé ? M’aurait-il identifié après coup comme cela se produit quelquefois ?