Comment m’y rendre ? Le dernier tramway qui assure le service, en suivant le littoral, est-il parti ?

À ce moment-là, comme pour répondre à ma question, un taxi en maraude débouche sur l’avenue.

Je lui fais signe, sans trop espérer qu’il s’arrêtera, mais il faut croire que je suis en veine car il freine.

Je me précipite.

— Ostende, dis-je, c’est possible ? Je paierai ce qu’il faut.

— Montez ! répond l’homme.

Je grimpe dans le tombereau du chauffard. Juste comme je m’affale sur la banquette, avec une légèreté de veau marin, l’autre portière s’ouvre et un grand type grimpe dans la bagnole.

— Vous voyez bien que cette voiture n’est pas libre ! je lui beugle.

Il se marre comme un melon entamé.

Je m’aperçois alors qu’il tient un pétard à canon court à la main et que ledit canon me regarde droit entre les deux yeux.