Mentalement, je me répète l’adresse que le major Parkings m’a donnée : Camille Slaak, L’Albatros. L’Albatros, c’est, paraît-il, un bistrot dont est propriétaire mon correspondant.

Je me rancarde auprès d’un marchand de vélos de la rue principale et il me désigne une ruelle qui va à la plage.

— Ça est là, me fait-il avec un bon sourire qui reflète autant d’intelligence qu’une portion de brie.

Je dis merci-bien-vous-êtes-bien-aimable et je m’engage dans la voie indiquée. L’Albatros est une petite boîte du genre sélect, avec une devanture en marbre rose pareille à un caveau de famille bourgeoise et une enseigne peinte en bleu lavande sur fond rose bonbon.

J’entre. C’est gentil, probablement à cause du bar verni qui fait penser à l’intérieur d’un yacht. Il y a des flacons versicolores sur les étagères et je me promets de leur faire une visite de politesse dans un très proche avenir. À moins qu’ils ne contiennent que de la flotte colorée, comme les bocaux de pharmaciens.

Malgré le timbre de la porte d’entrée, personne n’apparaît. Sans doute le barman se trouve-t-il à la cave…

Je m’installe sur l’un des hauts tabourets du bar et je renouche une bouteille de cognac.

— Oh ! la maison ! je crie.

Personne ne me répond.

Je saute de mon tabouret.