Je descends aussi. La sueur dégouline sur mon front, comme si j’étais soutier.

Ce que le temps me dure.

Soudain, un petit déclic se produit dans mon entendement.

Je vais opérer dans exactement quatre secondes. Mes chances sont aussi minces qu’une feuille de papier à cigarette, mais je vais néanmoins les courir, car c’est la dernière chose qu’il me reste à faire.

Voilà comment se goupillent les choses : je remarque que l’escalier que nous descendons donne sur un étroit couloir qui lui est perpendiculaire. Par conséquence, une fois la dernière marche passée, notre petit cortège est obligé de tourner soit à droite, soit à gauche. Vous mordez ?

Donc, vu l’étroitesse de ce couloir, au moment de tourner, je me trouverai pendant une fraction de seconde hors du champ visuel de l’un ou l’autre de mes gardiens.

Il fait sombre, comme dans la plupart des caves.

Nous parvenons au bas de l’escalier. Mine de rien, je fais un demi-pas en avant de façon à me trouver légèrement plus près du chauffeur que d’Arthur.

Et ça y est, nous tournons ! Prompt comme une langue de caméléon, je balance un gnon carabiné au chauffeur. J’ai mis toute la sauce, y a de quoi endormir un rhinocéros adulte. Il pousse une sorte de petit gloussement et s’abat en avant. Je me plaque contre le mur et, à l’instant où Arthur tourne, je lui offre un coup de pied dans les précieuses. Tout cela se déroule en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Arthur chancelle et tire. Une balle m’effleure le gosier. Deux centimètres plus à droite et j’allais me faire confectionner un pardessus en sapin.

Je me rue sur le mitrailleur, les dents serrées.