Une seconde balle traverse mon pantalon.
Ce gars-là a des dispositions pour l’artillerie en vase clos.
Je lui saisis le poignet et lui arrache son feu au moment où une autre balle sort du canon. Celle-ci, je l’ai reniflée de près ! Je vais pour me redresser, le pétard à la main, mais je m’aperçois à temps qu’Arthur, de sa pogne dégagée, tient un couteau ; si je me soulève davantage il pourra esquisser le mouvement fatal. Un rien et il me plantera tranquillement.
Je lui grogne à l’oreille :
— Lâche ce cure-dent, Arthur.
Il me répond par des noms d’oiseau.
Je sens la pointe du couteau contre ma peau. Bigre ! c’est un homme-serpent que ce garçon ; il convient de faire vite.
— Lâche ça illico ou je te mets une balle dans le cigare !
J’appuie le revolver sous son menton, mon geste lui a permis de faire progresser le canif et, cette fois, la lame mord sérieusement ma viande.
Il n’y a pas à tergiverser ; je tire !