Le crâne d’Arthur s’éparpille dans la cave.
Je me redresse et m’approche du chauffeur. Justement, il reprend ses esprits. Il a, derrière la tête, une bosse aussi grosse qu’un œuf d’autruche. Comme je suis pour l’harmonie des formes, je lui remets une nouvelle portion — avec os — sur le devant du dôme. Illico, il se rendort tandis qu’une autre bosse se développe à toute allure, comme une hernie sur une vieille chambre à air.
À pas de loup, je retourne au salon. Avant de pousser la porte, je prête l’oreille. Ulrich musique toujours.
Je fais une entrée de théâtre, mon pétard dans la main.
Ma fausse lope de l’harmonium en paume le fa-dièse qu’il était en train de ciseler.
— Jour, Toto, lui dis-je. J’espère que je n’ai pas été trop long…
Le gros King-Kong bave de surprise sur sa cravate. Il jette des coups d’œil insistants par-dessus mon épaule.
— Te flanque pas le torticolis, Bozembo, je lui fais. Si c’est tes deux Cosaques que tu cherches, ils sont en bas. Arthur a un trou dans le caberlot, tandis que l’autre pied-plat, au contraire, a deux bosses comme les chameaux…
Il en revient pas, le gros lard.
Histoire de voir s’il est en viande ou en fonte renforcée, je lui balance un coup de crosse à la tempe. Décidément, il est bien en viande, malgré les apparences contraires, car il fait « gneufffff » avec son blair et se déguise en descente de lit.