— Un fugitif se terre dans un coin sombre, il ne va pas faire le zouave dans la lumière des projecteurs devant cinq cents personnes.
Elle fait oui de la tête. Je pose mon revolver sur mes genoux et je me faufile au milieu des autres cornichons qui trouvent génial de se tamponner.
Laura se fait toute petite contre moi. Ça me donne une idée : je passe un bras autour de ses épaules et nous nous enlaçons comme des amoureux.
Le remue-ménage s’accentue autour du manège. Les cris de « papirs » retentissent un peu partout.
Quelques soldats allemands montent sur la plate-forme du manège et jettent un regard rapide sur les occupants des petites autos. Ils doivent estimer que tout est réglo car ils n’insistent pas et s’évacuent un peu plus loin.
Je crois que jamais de ma garce de vie je ne regrimperai dans une auto tamponneuse. Nous faisons trois, quatre, cinq tours ! Le caberlot commence à nous tourner.
Il y a des heurts carabinés qui m’ébranlent la tête. Je suis mal remis du coup sur la noix que m’a flanqué Thierry.
Heureusement que je sens tout contre moi le corps tiède de Laura. J’ai son souffle dans mon oreille droite et par moments cela me fait frissonner.
Soudain je l’entends chuchoter :
— Oh, mon Dieu !