Je la regarde : elle est plus pâle qu’une endive.
— Qu’y a-t-il ?
— Regardez, près de la caisse.
Je regarde et j’aperçois Thierry. Il est debout sur la petite estrade ; il nous tourne le dos et scrute la foule, comme du sommet d’un mirador.
— N’ayez pas peur, chuchoté-je à ma compagne.
Nous nous enlaçons plus étroitement encore et je fais l’impossible pour toujours demeurer au milieu d’un groupe de petites voitures.
Mais voilà que tout à coup un cri retentit sur le plateau du manège. Je regarde et je vois une petite môme qui me désigne du doigt en hurlant comme une fouine prise au piège. D’autres personnes m’examinent et gueulent à leur tour.
Ma parole ! J’ai l’impression d’être devenu un centaure ou une femme à barbe ! Qu’est-ce qu’ils ont à me reluquer de la sorte ?
— Mon Dieu ! balbutie Laura.
— Quoi ?