— Votre blessure s’est rouverte et vous saignez terriblement !
C’est donc de là que me venait cette sensation de chaleur dans le cou !
Un coup de sifflet retentit, poussé par Thierry qui, grâce à cet incident stupide, vient de nous repérer.
Sur un signe de lui, le gars du manège coupe le courant et arrête la musique. Il se produit, malgré le tumulte ambiant, comme une sorte de hideux silence.
Ouvrez vos riflards, les potes, m’est avis qu’il pleuvra de l’acier calibré d’ici peu !
CHAPITRE XIII
Une balle ricoche sur le minuscule volant de notre voiture électrique. D’où vient-elle ? Nous ne le saurons sans doute jamais. C’est vraisemblablement un policier allemand qui vient de lâcher sa bave en fer travaillé car, depuis son coup de sifflet, Thierry n’a pas bronché. Il me regarde avec des yeux chargés de haine et tout brillants d’une joie sadique. Si nous tombons vivants entre ses pattes, nous la sentirons passer.
— Tout est perdu, balbutie Laura.
C’est miraculeux ; dans les moments ultra-critiques, il y a toujours une belle gosse comme elle qui prononce les mots susceptibles de vous fouetter le sang.
Perdu ! Ma foi, nous n’avons pas plus de chance nous tirer de là qu’un mec passé au four crématoire n’a de chance de mourir de froid. Seulement IL FAUT tenter quelque chose. Il le faut lorsqu’on s’appelle San-Antonio et que l’on a pour compagne d’infortune une souris de la classe de Laura.