— Où pouvons-nous nous planquer ? C’est que nous sommes sérieusement brûlés. Jeanne d’Arc ne l’était pas davantage.

Il me donne une adresse. Il s’agit d’une amie à lui qui tient un bistrot. Je peux y aller de sa part en disant : « Petite pluie abat grand vent. » Il paraît que cette phrase est magique et que, sitôt que je la lui aurai dite, elle me fera tout ce que je voudrai : depuis des crêpes flambées jusqu’à la brouette chinoise.

Je note donc, mentalement, cette bonne adresse, et je remercie Bourgeois.

— Deux genièvres ! commandé-je en revenant dans la grande salle.

L’alcool nous donne un coup de fouet salutaire. Je fais immédiatement remettre une tournée, après quoi je paie et dis « au revoir » à la grosse femme.

Au moment où nous nous apprêtons à mettre le pied sur le perron, voilà qu’une caravane de motocyclistes allemands débouche dans la rue.

Pas le moment d’aller chasser le papillon de nuit ! Notre trace a été retrouvée… C’est inouï ! Dans ce nom de Dieu d’univers, il y a toujours des pieds-plats qui repèrent vos faits et gestes.

Je tire Laura en arrière et je referme précipitamment la porte de la taverne.

— Que se passe-t-il ? demanda la tenancière.

Question embarrassante.