— Vous avez dû être filée ; il y a longtemps que vous le connaissez, ce… Thierry ?

— Un mois à peine.

— Bon, nous en reparlerons. Le plus urgent est de passer un coup de tube à Bourgeois.

Nous arrivons précisément à la hauteur d’une petite taverne. J’y guide ma compagne. Il y a un perron à gravir. Nous nous trouvons dans une salle basse, très flamande, avec un parquet de bois, de la céramique un peu partout et des trucs en cuivre.

La bonne femme qui tient ce machin est grosse, propre et blonde. Elle a un petit air courtois qui me va droit au cœur.

— Téléphone ?

— Cette porte, au fond.

Je vais à la cabine et j’affranchis rapidement Bourgeois sur ce qui se passe. Il en reste comme deux ronds de flan.

— Prévenez les autres ! lui dis-je. Qu’ils prennent garde ; vous aussi, du reste ! Laura me dit qu’elle a été discrète — et ce doit être vrai, car ça m’a l’air d’être une petite bonne femme au poil — mais on ne sait jamais. L’espion a pu la faire suivre, que dis-je ! il a dû ! Changez vos adresses, vos codes, vos noms, vos mots de passe.

— Entendu.