— Vous le voyez, conclus-je, je n’ai pas perdu de temps puisque, grâce à mon flair et… au hasard, j’ai mis le doigt sur le personnage coupable des fameuses fuites.

— Mais je ne lui ai jamais rien dit, je vous le jure ! crie Laura. Il ne peut y avoir de fuites puisque c’est lui, au contraire, qui me fournissait des renseignements !

— Partant de vous, il a dû remonter aux autres et les faire surveiller. Il m’a l’air diantrement adroit, le bougre !

— Mais non, objecte Bourgeois, s’il était comme vous le dites « remonté » aux autres, nous aurions été arrêtés.

Il n’a pas achevé ces mots que la mère Broukère fait son apparition.

— Un grand malheur, un grand malheur, pleurniche-t-elle, les Allemands ont mis la main sur nos amis ; tous les six ont été appréhendés cette nuit !

Je me tourne vers Bourgeois.

— Nom d’une merde arabe ! Vous n’avez donc pas prévenu vos collaborateurs ainsi que je vous avais conseillé de le faire ?

— Il était trop tard, hier, ils étaient en mission. Ils ne devaient pas regagner leurs domiciles avant de passer chez moi.

— Quelle était cette mission ?