Si je ne l’arrête pas, d’ici dix minutes il va chanter La Brabançonne.
— Passez la main, dis-je. Quoi de neuf ?
Il revient à nos préoccupations.
— J’ai fait partir votre photographie hier au soir par avion, et Londres m’a, dès ce matin, adressé sa réponse par radio, la voici : Photo femme est celle Elsa Maurer, espionne autrichienne connue sous matricule B H 78.
J’ouvre des carreaux immenses.
Une espionne, la môme-caméra ! Une espionne ! Pour une surprise, c’en est une.
— Vous me voyez sur les fesses ! fais-je à mes compagnons. J’avoue que je suis complètement siphonné. Pourquoi cette fille a-t-elle agi de la sorte ? Pourquoi m’a-t-elle remis cette photo ? Pourquoi l’a-t-on descendue si elle appartient au S.R. allemand ?
Je réfléchis.
— De deux choses l’une, poursuis-je. Ou bien il s’agit d’une confusion de la part des services anglais — et j’en doute car les Britanniques n’avancent rien dont ils ne soient sûrs — ou bien elle a décidé de tourner casaque… Peut-être l’avenir nous apprendra-t-il la vérité…
Nous faisons à Bourgeois le récit détaillé de nos aventures de la veille.