J’obéis. L’endroit est en effet terriblement désert, mais ce n’est pas un bois. Il s’agit au contraire d’un champ immense et plat.

— Venez !

Ils m’encadrent et je me mets en marche. Mes jambes ne sont pas encore très fortes, pourtant je fais bonne figure, car je ne voudrais pas que mes copains supposent une seconde que j’aie les chocottes. Je m’attends à recevoir mon petit contingentement d’acier dans la théière… Rien ne se produit…

Nous parcourons une centaine de mètres.

J’aperçois soudain une petite cabane en planches sur la droite.

« Bon, pensé-je, ça va être là… »

Nous nous dirigeons vers la cabane. Je constate qu’un mince rai de lumière filtre à travers les planches. Il y a quelqu’un à l’intérieur…

Nous entrons.

Une lampe à acétylène est accrochée au plafond, le courant d’air la fait remuer, ce qui met en branle des masses d’ombres.

Pour tout le mobilier, il y a un tronc d’arbre. Sur ce tronc d’arbre, un bonhomme est assis.