Héléna se tient acagnardée contre la portière et me regarde. Il y a autant de tendresse dans son regard que dans celui d’un chat qui vient de se faire coincer la queue dans une porte.
— Alors, amour ? je lui fais… Que dites-vous de ce valeureux San-Antonio ? N’est-ce pas l’homme qui remplace le beurre, la margarine, le saindoux et l’uranium ?
Elle pose la main sur la poignée de la portière.
— Bas les pattes, fillette !
Comme elle n’obéit pas assez vite à mon gré, je lui mets une tarte sur le minois, histoire de lui montrer qu’à partir de tout de suite il y a quelque chose de changé en France. Les larmes lui viennent aux yeux.
— Ça te défrise, hein, ma belle ? je lui demande…
Ses bigarreaux lancent des éclairs. Et pas des éclairs au chocolat, je vous le garantis.
— Brute ! grince-t-elle.
— Héléna, murmuré-je, fais pas ta sucrée, ou alors je te file une danse si soignée que tes arrière-arrière-petits-enfants auront encore mal au postère, tu saisis ?
Elle ne répond pas.