Je lui expose mon point de vue. Il pige, son visage s’illumine comme la façade du Palais de Chaillot un soir de quatorze juillet.

— Un enfant d’une douzaine d’années ?

Alors ce serait le cours supérieur…

Nous réapparaissons dans la classe en question. Cette fois, l’instituteur qui montre une mappemonde à ses loupiots se flanque en renaud.

Il me dit que la France a besoin de s’instruire ; qu’il fait son métier sans emmouscailler les flics et qu’il aimerait, en retour, que les flics fassent le leur sans l’emmouscailler, lui.

Comme il a l’air d’un vieux pion blanchi sous la manche de lustrine, je lui laisse cracher sa bile, ensuite de quoi je lui explique calmement que je ne suis pas habitué à m’entendre traiter de la sorte et que s’il avait vingt ans de moins je lui ferais manger sa mappemonde.

Les gosses rigolent comme au théâtre guignol ; le directeur tire sur les poils de sa barbouze en roulant les yeux blancs du petit nègre d’Havas publicité ; quant à mon garçon d’étage, il émet des gloussements très rigolos. Le drame tourne au burlesque. Je reprends ma dignité, m’empare du carnet de classe et le consulte. À la rubrique : ABSENT je ne lis qu’un nom : Gérard Lopino.

Je frappe le pupitre du poing pour faire renaître le silence.

Je demande à l’instituteur :

— À quoi ressemble Gérard Lopino ?