— Sacristi ! m’écrié-je, tu vas les transformer en chair à saucisse.
Bouboule regarde mon prisonnier avec appétit. Le loup affamé qui voit rappliquer dans la forêt un agneau perdu ne doit pas avoir un plus bel éclat de convoitise dans la prunelle.
— Où ce que vous avez chopé c’t’oiseau, questionne-t-il.
— En train de faire du feu.
— En train de quoi ?
— De faire du feu ! Seulement lui, il a des idées à part, il ne se chauffe pas à l’anthracite mais à la viande de femme.
Bouboule ne comprend pas ; il a des circonstances atténuantes, il faudrait être un drôle de futé pour comprendre.
— Pas mal organisé, votre cirque, dis-je aux dégourdis. La maison correspond avec l’immeuble de derrière, cela vous donne ainsi une issue par l’autre rue… Pas mal… Pas mal du tout.
Je vais m’asseoir sur un canapé aux côtés de ce qui reste de Long-pif.
— Je m’excuse de t’empoisonner, fais-je, mais je voudrais savoir où je puis rencontrer la belle Héléna… Nous avons un petit entretien à poursuivre…