Je cherche autour de moi un bar ; il y en a toute une flopée. C’est trop poire de se mettre tout de suite en quête du téléphoniste.
Quelque chose me dit de filer plein jus en direction de Louveciennes. Et ce quelque chose c’est le bon vieux pifomètre de San-Antonio.
En route !
Je roule à nouveau vers l’Étoile, des touristes qui ne doivent pas avoir le gaz chez eux examinent encore la Flamme de l’Inconnu. Je tourne dans l’avenue de la Grande-Armée. Une grosse DeSoto, énervée par mon allure, veut m’en flanquer plein les carreaux. Alors, pour inverser les rôles je mets le pied au plancher et tout rentre dans l’ordre…
Il ne me faut pas un quart d’heure pour atteindre Louveciennes. On semble ronfler dans le secteur. Je stoppe devant la plaque annonçant le blaze de la localité. Cette bon Dieu de flotte qui fait tant de bien aux petites graines continue de dégringoler…
Je relève le col de mon imper et je palpe sous mon aisselle gauche afin de vérifier si Prosper s’y trouve à ma main.
Prosper, c’est l’appareil de 9 qui me permet de distribuer des tickets de Paradis autour de moi.
Je me munis d’une torche électrique et me voilà parti à la recherche des « Ormeaux ». Je n’ai pas à tâtonner beaucoup. Tout de suite je tombe en arrêt devant une grille rouillée à quoi est fixée une plaque de marbre. « Les Ormeaux ». L’inscription est presque effacée, mais je la lis néanmoins. Je renouche le coin avant d’y porter mes nougats. Je constate qu’il s’agit d’une vieille demeure inhabitée. C’est une construction de l’autre siècle avec un tarabiscotage en plâtre sur la façade. Le bout de parc est envahi par l’herbe. Un vrai décor pour film de fantômes…
J’entre, une allée subsiste encore au milieu de ce fouillis inextricable de végétation livrée à elle-même.
Je la remonte jusqu’au perron. Une main de bronze sert de heurtoir, je la soulève et la laisse retomber.