En agissant de la sorte, j’ai la certitude d’accomplir un geste aussi inefficace que celui consistant à tendre la main sous l’orage pour voir s’il pleut. Il n’y a personne dans cette masure, la chose ne fait pas l’ombre d’un doute.

Elle sent le vide, le désolé…

Le heurtoir a fait un bruit de cloche aux vibrations infinies. J’attends que le silence se referme sur la maison morte, puis j’empoigne le loquet et je le tourne. La porte s’ouvre en grinçant. On est toujours dans le style fantôme écossais.

Je gueule :

— Quelqu’un !

Ma voix se répercute comme si je hurlais dans une contrebasse.

— Y a quelqu’un ?

Des clous.

Je prends la notion des lieux. Je me trouve dans un hall glacial qui fouette la moisissure. Ce hall comporte deux portes de chaque côté et une montée d’escalier au fond.

Une à une, je pousse les portes. Toutes ouvrent sur des pièces vides, inhabitées depuis longtemps. Le papier pend des murs en longs copeaux frisés ; les plafonds sont écaillés ; les parquets gondolés…