Je commence à me dire que le type qui m’a fait venir dans ce château de la Belle au Bois dormant est le plus foutu bluffeur que cette triste planète a enfanté…
À mon avis, on a voulu se débarrasser de moi pour une heure et on m’a envoyé sur une piste de pure fantaisie. Ils doivent un peu se cintrer, les mecs, de voir San-Antonio foncer clans le brouillard comme un amateur sur un simple coup de tube anonyme.
Ah ! Il est frais, le superman, l’as des as ! Gâteux, oui, bon pour le fauteuil à roulettes ! Je ne sais pas ce qui se passe mais mon pifomètre est en perte de vitesse ; ou alors y a de la friture sur la ligne.
Et pourtant ! Pourtant j’avais senti que c’était sérieux… Que…
Tout en rouscaillant après le monde entier, bibi inclus, je m’engage dans l’escalier.
Le premier étage est la réplique du rez-de-chaussée.
En vitesse, j’ouvre ces nouvelles lourdes.
Toujours des pièces vides. Du moins on ne petit compter comme des présences les nombreuses araignées qui boulonnent à plein rendement.
En refermant la dernière porte, je manque me flanquer par terre parce que mon pied a glissé dans quelque chose de visqueux. J’abaisse le faisceau de la lampe : du sang ! Je regarde au fond du vestibule, c’est-à-dire au-delà de la dernière porte et je découvre un tas sombre. Ce tas sombre est un corps humain ; ce corps humain est un corps de femme ; il est séparé en deux, le tronc d’une part, de l’autre la tête ; la tête, exsangue, mais belle malgré tout, de la môme Héléna.