Voyons : tout se passe très vite ; très vite ! Et on m’envoie ici pour… Ça y est ! On m’a fait venir, non pour m’affranchir sur le meurtre, mais pour m’éloigner. Ils ont eu besoin de me neutraliser pendant un certain temps ! Donc ma place n’est pas ici, puisqu’en étant ici, je tombe dans le panneau…
Je serre la ceinture de mon imperméable et je trotte jusqu’à ma voiture.
Ce qu’il y a de tartignole dans cette profession, c’est qu’il ne faut pas pleurer ses calories. Un de mes collègues, à la suite d’une bataille maison, avait été amputé de la flûte droite. On lui mit une patte articulée et il continua le bidule ; eh bien, la moitié du temps il perdait sa gambette mécanique parce qu’elle se dévissait à tout bout de champ !
Si vous croyez que je masse, passez-moi votre agenda, je vais vous noter son adresse et vous irez lui demander.
Je grimpe dans ma trottinette, je mets le contact, je tire sur le démarreur et… et mon moteur se croise les bras.
Pourtant j’ai de l’essence ! Je tire encore le démarreur. Il fonctionne, mais la voiture ne tourne pas.
Je descends et je vais regarder sous le capot, je constate alors que le fil qui va du delco à la bobine a été sectionné.
C’est simple, mais cela suffit à provoquer une panne totale.
Décidément, moi qui voulais jouer les anges gardiens, j’ai bonne mine… Je sens tout autour de moi une présence attentive et nombreuse comme l’explorateur perdu dans la brousse.
Si au moins j’avais affaire à un ennemi régulier ! Je me promets de leur faire payer les névro-vitamines dont je vais me gaver si ma bonne étoile veut bien se remettre à briller.