CHAPITRE VII

LE GARS LE PLUS CULOTTÉ DU MONDE !

Bon, maintenant c’est le professeur Stevens qu’on a embarqué. Lorsque le grand patron va savoir comment se porte mon enquête, il va trouver que je lui suis devenu aussi utile qu’une paire de patins à roulettes à une couleuvre ! Et il n’aura pas tort. En ce qui me concerne, si j’avais un collaborateur aussi tartouze, je lui voterais des crédits pour qu’il aille louer une part de chasse en Sologne.

Bien entendu, les larbins (il s’agit du mari et de l’épouse) ne me filent aucun tuyau valable. Le mardi soir ils vont au ciné, c’est un truc dûment établi. Ce jour-là, la cabane reste sous la surveillance de Bertrand.

— Et la secrétaire ? questionné-je doucement…

— Miss Héléna ?

— Oui.

— Elle est sortie. Du reste, il est rare qu’elle couche ici…

— Quelle genre de fille est-ce ?

Ils hochent la tête. Ce sont des gens aussi futés qu’un kilo de tomates ; Héléna les impressionnait par sa science, son élégance… Mais ils ont l’air de dire qu’entre elle et un prix de vertu il y a une marge aussi grande que l’océan Pacifique. Comme tous les gens de leur condition, ils haïssent les « employés intellectuels » dont Héléna faisait partie.