À grand renfort de verres d’eau froide et de café fort, nous parvenons à réveiller Bertrand. Il bâille tellement grand qu’on aperçoit le fond de son slip.
Je le questionne sur ce qui s’est passé. On dirait qu’il débarque du bateau de pommes.
— Est-ce qu’il comprend le français ? demandé-je au valeton.
— Mais… bien sûr.
— On ne le dirait guère… Hé, Bertrand, vous m’entendez ?
Il finit par pousser un grognement que j’interprète comme une affirmation.
— Vous êtes vous aperçu qu’il se passait quelque chose ?
— Il s’est passé quelque chose ?
Bon, il n’en sait pas plus sur ce qui est arrivé qu’un cafard exilé dans une malle. Non, il n’a rien vu, rien entendu. Il n’a pas trouvé que son marc avait un drôle de goût. Il vient de s’offrir une croisière en plein cirage, ce pauvre ballot.
Je le questionne sur les événements de l’après-midi.