— Beau… Alors, le programme ?
— Ne rien brusquer ; je vais agir en douce : il ne s’agit pas seulement d’arrêter un assassin, mais surtout de remettre la main sur le professeur. À propos, les plans sont-ils toujours dans le coffre ?
— Non, le coffre est vide.
— À tout à l’heure, chef.
— À tout à l’heure, San-Antonio.
Si je pouvais prévoir ce qui va m’arriver.
CHAPITRE XI
LA FUITE… AU PROCHAIN NUMÉRO
Je retraverse la chaussée, mais cette fois au lieu de pénétrer au « Champignon », je me faufile dans l’allée voisine. Je serre dans ma main la clé remise par la môme Portemanteau. Sa chambrette, je n’ai aucune difficulté à la trouver. C’est un petit nid pour soubrette en délire. Le mobilier se compose d’un canapé-lit façon Galeries Barbés à tempérament, d’un fauteuil couvert d’une peluche jaune-désespoir-d’amour et d’une commode en bois verni. Bien entendu, il y a des horreurs en plâtre un peu partout et des photos dédicacées de sous-arrière vedettes. C’est à la fois tendre, cucul et gentillet.
J’allonge ma barbaque sur le pucier et je me mets à réfléchir. Vous allez croire que la réflexion est mon sport favori… Y a de ça. J’aime bien mettre un jeton dans mon appareil à déduction lorsque je traverse des temps morts. Et ce moment en est un.