Qu’est-ce que je risque ? Par le menu, je fais à notre interlocuteur l’historique de l’affaire. Il m’écoute calmement, se contentant de hocher la tête pour montrer qu’il suit parfaitement mes explications.
— Vous pigez, dis-je pour finir, je suis coupé de la bande, je ne connais pas Rome. Ce dont j’ai besoin, c’est d’une piste, aussi fragile soit-elle, d’un point de départ logique en somme.
— Évidemment, admet-il, je ne voudrais pas vous faire une fausse joie, mais je crois pouvoir vous dire que je connais ou plutôt connaissais Tacaba. J’avais, la semaine passée, repéré un type correspondant au portrait que vous venez de brosser.
Il ajoute quelques détails signalétiques.
Je m’exclame :
— Pas d’erreur, c’est lui !
— Parfait, cet homme fréquentait un café situé dans une petite rue, près de la place Victor-Emmanuel-II. Il a rossé un consommateur, pour je ne sais quelle raison : querelle d’ivrogne ; j’y étais, il a retenu mon attention parce qu’il s’est esquivé malgré qu’il ait le dessus, dès que le patron a parlé d’appeler la police.
Je sors un carnet de ma poche.
— Voulez-vous me noter l’adresse du bistrot…
Il s’exécute de bonne grâce.