— Il a dit la vérité.

Je tire mon insigne de ma poche.

— Voici ma plaque.

Je sors mon portefeuille ruisselant et cherche ma carte. Je la lui tends.

— Commissaire San Antonio. Elle est un peu humide, comme moi, mais j’espère qu’on peut encore lire ce qui est écrit dessus.

Il examine ces différentes pièces et me les rend.

Je vous le redis, ce type a de la classe, on sent qu’il n’a pas fait ses humanités au bistrot du coin.

— Parfait, je vous écoute.

Alors, aussi brièvement que possible, je lui fais le récit de mes avatars depuis le début. Je lui explique que j’ai pu mettre la main sur les documents, mais qu’il y a certainement toute une bande de pourris qui doivent me galoper au derrière avec suffisamment de flingues dans les poches pour s’emparer de la préfecture de police.

— Je viens, dis-je en guise de conclusion, me mettre sous votre protection. S’il ne s’agissait que de mes os, je ne vous aurais pas réveillé, car je suis assez grand garçon pour ramoner le caberlot de ces dégourdis, mais il y a ces plans. Et je vous assure que je préférerais avoir à convoyer une famille entière de serpents à lunettes plutôt que ces morceaux de papier. Alors, si vous le voulez bien, je vais câbler illico à mes chefs pour leur expliquer où en est mon enquête et leur demander des instructions pour faire rentrer les documents au bercail.