Je me tais en évitant le regard déçu de Jeannine. Je me dis que les affirmations du beau gosse sont peut-être fausses — jusqu’à preuve du contraire — mais mon vieux flair de clebs me dit qu’elles sont vraies. Dans ce cas, alors, qui a commis le meurtre ? Un criminel travaillant pour son propre compte ? C’est improbable… Alors ?

Alors, je suis bien forcé de songer sérieusement au gars qui possède le code. Pour que les plans aient une valeur, il faut le code, mais le code sans les plans, c’est une brosse à dents sans poils. Donc, celui qui a été assez dégourdi pour s’approprier une partie des documents doit être assez gonflé pour buter un type afin d’avoir l’autre partie. Conclusion : j’ai de plus en plus envie de faire connaissance avec le détenteur du code.

— Passons sur le meurtre, provisoirement, nous réglerons cette question plus tard. Reprenons cet entretien à son début. Qui vous a fauché le code ?

— On ne nous l’a pas fauché.

— Quoi !

— Non, je vais vous expliquer…

Jeannine pousse un cri et me montre la porte. Je me retourne, le copain de Bruno et la fille rousse font leur entrée, un pétard à la main. Je n’ai pas le temps de me voir venir ; profitant de cette diversion, Bruno a bondi et m’a filé un coup de poing grand format sur le bras. Je lâche mon feu et je n’ai pas le temps de me baisser car les arrivants me rentrent le canon de leur Luger dans les côtes.

Bruno qui pense à tout récupère le feu que Jeannine lui a pris.

— Eh bien, gros malin, dit-il d’un ton enjoué, que penses-tu de ce second acte ?

— Pas mal, conviens-je, attendons le troisième.