Vers onze heures, le portier me sonne pour m’annoncer Sorrenti.

Je vais attendre celui-ci à l’ascenseur. Il arrive nippé avec une rare élégance. Il est en smoking et il sent le cuir de Russie.

— Excusez-moi, dit-il, de vous avoir fait faux bond, ce soir, mais j’avais une réunion importante à laquelle je n’ai pas pensé au moment où nous sommes convenus du rendez-vous.

Il entre et salue Jeannine très bas. Puis il enchaîne, volubile comme un joueur de bonneteau :

— Néanmoins, j’ai pu obtenir quelques indications sur les gens qui vous intéressaient. Avez-vous pu en tirer quelque chose ?

— Je comprends.

— Ah bon, soupire-t-il ; voici mes regrets apaisés. Comment cela s’est-il terminé ?

— Par un enterrement collectif.

— Non !

— Mais si.