Non, décidément, il est trop tôt pour tenter ma chance auprès de Jeannine.

Je lui mets la main sur l’épaule.

— Hello, petite fille !

— San Antonio !

Elle a dit ça si gentiment, elle a paru tellement rassurée de me voir que j’en suis remué.

— Nous allons grimper dans ma chambre pendant qu’on prépare la vôtre et nous liquiderons un petit alcool pour nous remonter. Ne me dites pas que ce n’est pas convenable, parce que ça me ferait rire et je n’en ai pas tellement envie. Et puis, par ailleurs, j’attends la visite de Sorrenti.

— Vous pensez qu’il pourra vous fournir d’autres indications ?

— Je le pense, oui.

— Espérons…

Nous montons à mon appartement et, confortablement assis dans des fauteuils, nous nous expédions du Buton ; c’est une liqueur italienne qui se laisse boire sans rouspéter.