Afin de le ravigoter, je lui mets un direct du gauche sur le nez ; le sang jaillit comme le pétrole d’un pipe-line. Je poursuis par un doublé aux tempes. Alors il se réveille et s’avance sur moi. Il esquisse savamment un uppercut et me refile un coup de pied au foie qui me fait tousser.

Cette fois j’y vais de bon cœur. Il en prend de partout. Mes bras bougent comme vibre la corde d’un violon. Il s’accroupit. Je vais pour le finir d’un coup de savate au front, mais il m’attrape le pied et je bascule. Il est sur moi tout de suite et me tient les bras plaqués au sol. Je lui fais un ciseau et nous nous neutralisons. Comme pour les journaux concurrents, c’est celui qui tiendra le plus longtemps qui gagnera. D’un effort terrible, je le renverse, il me lâche.

Nous soufflons un instant comme des phoques et soudain, un frisson me court dans le dos, Sorrenti a un couteau à la main. Je ne sais où il l’avait planqué, mais il s’est débrouillé pour le sortir au bon moment.

Dans une seconde, il va le lancer, et je suis dans un coin de la pièce où il n’y a pas de meubles derrière lesquels je pourrais me protéger.

Pan, pan, pan !

Trois coups comme au théâtre. Je vois fumer le Smith et Wesson dans la main de Jeannine.

— Alors, Jeannine, m’exclamé-je, on se met au boulot ?

CONCLUONS ENTRE NOUS

Un qui n’en est pas revenu, c’est le comte Sforza, lorsqu’il a vu son copain Sorrenti allongé à côté de mon lit comme une carpette qu’on a roulée pour l’envoyer au dégraissage.

— Morté ! a-t-il dit.