Tout à l’heure, lorsque Félicie aura repassé ma chemise, j’irai boire l’apéro au Dauphin avec quelques-uns de mes collègues. J’ai justement une revanche à prendre au 421 avec le commissaire Berliet.

La guigne, c’est l’enterrement de cet après-midi. Moi, les funérailles, ça me fiche le cafard. Pas tellement à cause des crêpes et des couronnes, mais parce qu’il faut serrer la pince à un tas de zigs qu’on ne connaît pas en leur murmurant des trucs pleurards. Mais enfin, je ne peux pas ne pas y aller. Que penserait Jeannine ! Peut-être que le noir lui va bien, à cette gosse. Et puis, un ministre ou je ne sais quoi de ce genre va cloquer la Légion d’honneur à titre posthume à Gaétan. Vous allez me dire que là où il est, les décorations sont toutes pareilles et qu’on se les met au-dessus de la tête ; mais n’empêche que ça fera plaisir à la famille.

*

Dans quelques jours, j’irai faire une visite de politesse à Jeannine, et puis, j’y retournerai le lendemain, et encore le lendemain, jusqu’à ce qu’arrive le moment de lui exposer ma théorie sur le mimi mouillé. Je sais être tenace.

Pour d’autres détails, il faudra vous reporter aux prochains volumes ; ça suffit pour aujourd’hui. Et tâchez de ne pas être déçus. Les lecteurs le sont toujours ; que ce soit drôle ou triste, que ça finisse bien ou mal, c’est une fichue manie qu’ils ont de ne jamais être satisfaits.

Enfin, quoi, comprenez que pour le prix du bouquin, mon éditeur ne peut pas vous donner une vache. Et même s’il le faisait, vous auriez encore le culot de lui demander si elle est pleine.

FIN

Le spectacle est terminé

Toute sortie est définitive