— Nous lui arracherons les ongles, décide-t-il, puis nous lui ferons le truc de la baignoire, à ce salopard !

Vous vous en doutez, moi, derrière mon piano, je n’en mène pas trop large ; c’est un programme qui ne me séduit pas énormément et j’aimerais encore mieux assister à une pièce de Paul Claudel qu’à la petite cérémonie dont mon marchand de mort aux rats vient de parler.

D’un effort de reins je renverse le piano, ce qui me donne un plus large paravent. S’ils ne me canardent plus, comme je suis dans un angle de la pièce, ils en auront pour un moment avant de me sortir de là.

Tout à coup, ma main touche quelque chose de rond sur le parquet. Je précise mon toucher et je découvre qu’il s’agit de la seringue que Martinet a laissé choir et, qui, par bonheur, ne s’est pas cassée en tombant.

Je m’en empare.

À peine l’ai-je en main qu’un gorille apparaît par-dessus le piano : c’est mon copain Tom, le zigoto auquel j’ai cassé deux ou trois dents le jour où j’ai sonné chez Batavia.

Il s’apprête à enjamber l’obstacle et j’admire son postère.

Je ne peux résister à l’envie de lui planter l’aiguille dans le gras des fesses.

Il paraît ne rien sentir, mais soudain il devient tout chose, son visage se convulse, ses lèvres se vident et il bascule de mon côté. Je manque attraper ses deux cent trente livres sur la nuque. Heureusement, je fais un bond de côté et le gros Tom s’abat sur le tapis, tout flasque, comme une vache morte.

Je le regarde.