— Ne tirez plus ! ordonne-t-il, ou sinon, ce sera plein de flics d’ici dix minutes. Du reste, il faut se tailler car le quartier doit être en état d’alerte.
— Que faire ? questionne Elsa.
— Fuir par la sortie secrète. Mais auparavant, je veux liquider ce sale poulet. Allez me chercher un bidon d’essence à la cuisine.
Aïe !
S’ils emploient les grands moyens, je ne m’en tirerai pas. Le feu m’a toujours effrayé. J’ai vu un type flamber comme une torche dans un accident de voiture, et j’en ai gardé un très mauvais souvenir. Que faire ?
Peut-être que mes réflexes vont continuer à fonctionner.
En effet, j’arrache le cordon des rideaux et j’y fais un nœud coulant. Cela me donne une sorte de petit lasso dont je me sers pour attraper un bronze d’art sur la cheminée proche. Un type se précipite pour couper mon lasso, mais j’en profite pour lui expédier du plomb dans la poitrine, et il se demande s’il doit mourir ou accomplir son boulot. Il se décide pour la première solution.
Les autres se tiennent cois.
D’une secousse, je tire à moi le bronze d’art. Il représente une Diane chasseresse, tout ce qu’il y a de bien moulée. Si j’avais le temps, je l’examinerais en détail, mais je suis pressé, je crois vous l’avoir fait comprendre — aussi je me hâte d’exécuter mon plan. Grâce à mon stylo à bille, j’écris un court message sur mon mouchoir. J’attache le mouchoir autour du cou de la Diane, because je me propose de l’envoyer en course et je ne veux pas qu’elle s’enrhume. Puis je calcule une trajectoire extraordinaire et, de toutes mes forces, je balance le bronze à travers la pièce, en direction de la croisée.
Boum ! Servez chaud !