La Diane brise la vitre et va faire une balade dans la nature. Bon voyage !

— Tirons-nous, clame Martinet qui a compris l’astuce.

Et il vide son chargeur dans ma direction. J’attends, accroupi derrière le corps de Tom, que ses caprices soient passés. Puis je le vise à mon tour et je lui démontre qu’une seule balle, bien employée, est préférable à tout le stock de la manufacture d’armes de Saint-Étienne, si celui-ci est utilisé en dépit du bon sens.

Décidément, la journée a été bonne et j’ai bien travaillé pour mon copain de la morgue. S’il touche une prime par tête de pipe, il va pouvoir s’acheter un poste de TSF à tempérament. En somme, il ne reste plus que trois gnafs et Elsa en face de moi. Encore, parmi les trois hommes, y en a-t-il un qui ne doit pas pouvoir lire le tableau des lettres chez l’oculiste.

— Passez-moi l’essence ! ordonne Elsa.

— Décidément, lui fais-je, tu as des dispositions pour l’incendie.

Elle me répond par un flot d’injures et par un jet d’essence. La garce a tout prévu et a ramené ce dangereux liquide dans un seau. Je me déshabille en un tour de main, et, pendant qu’elle gratte une allumette, je roule mes fringues dans le tapis. Puis, je me recule dans la portion de parquet non arrosé.

Les belles flammes jaillissent. On dirait un feu de joie. Je risque le paquet et je saute par-dessus le piano.

Heureusement, la pièce est vide. Les survivants se ruent dans le couloir et ne s’occupent plus de moi. En slip et le pistolet au poing, je les prends en chasse. Ils atteignent la cuisine, Elsa ouvre un placard, tire un levier et, comme dans les romans policiers, le placard glisse en arrière, dégageant une étroite ouverture dans laquelle mes lascars s’introduisent. Ils sont en file indienne dans un escalier étroit. D’en haut, je les domine tous.

— Haut les mains ! Bande de ceci et cela !