J’ai toujours en un faible pour les postières et toutes les fois que j’ai eu l’occasion d’en composter une je ne m’en suis pas privé…

Seulement, celle à qui je m’adresse en ce moment découragerait un singe… Elle est grande, sèche comme le Sahara et ses seins ne lui ont pas encore été expédiés. Des dents proéminentes forment une barrière naturelle devant sa bouche qui interdit le patin le mieux intentionné.

C’est elle qui s’occupe du bignou dans le bureau de poste des Chèques postaux…

— Bonjour, ma jolie, fais-je avec mon sourire pour beauté intangible…

— Soyez poli ! renaude-t-elle… Qui vous a permis de me parler sur ce ton : nous n’avons pas gardé les vaches ensemble.

— Je ne crois pas que le fait de garder ces braves ruminants prédispose à la gentillesse, assuré-je. Vous avez tort de vous offusquer, gentille madame, mes intentions étaient aussi pures qu’un verre d’eau distillée.

— Quel numéro demandez-vous ? coupe-t-elle.

— Pour moi, ça serait un numéro de striptease, rigolé-je…

— Voulez-vous que j’appelle M. le receveur ! glapit la donzelle…

— Pas besoin, vous ferez l’affaire…