— Appelez illico un toubib ! ordonné-je… Et passez-moi le téléphone.
Il me conduit à un bureau ripoliné qui sent le cadavre comme le reste de la tôle, avec, par-dessus, des relents de gros rouge.
J’alerte la P.J… Je résume l’affaire.
— Le type avait retiré une brique sur son compte, dis-je à mon interlocuteur invisible. Quatre minutes plus tard il gisait mort dans sa tire ; l’homme au manteau de cuir qui l’accompagnait avait disparu et le million aussi. Le mort est à la morgue, et il ne reste plus qu’à foutre la pogne sur l’homme au manteau de cuir…
Là-dessus je ricane un bon coup pour montrer que j’ai le côté futé de tout bon policier qui se respecte et je raccroche.
Le gardien m’informe que le professeur Montazel va radiner. Il me propose un coup de rouge.
Je refuse, alléguant que ce breuvage m’est interdit avant midi sonné. J’ajoute que si le cœur lui en dit je ne veux pas être une entrave à son mouillage de meule.
Il attrape un kil de chez Nicolas (publicité non payante) et se fait un lavage d’estomac. En attendant je pénètre dans la salle de dissection. Le mort est étalé sur une table de pierre devant des gradins. Un énorme réflecteur est suspendu au-dessus de lui.
— Je m’en vais le déshabiller, dit le gardien en s’essuyant les bacchantes.
Il se met au boulot.