— C’est plus facile pendant qu’il est encore mollasson, ajoute-t-il.

Je ne me propose pas comme auxiliaire… Les morts ne me font pas peur — ce serait gentil ! — mais je n’aime pas les tripoter outre mesure. Lui, il fait ça comme votre bonne femme prépare une sauce Béchamel. Il se mouille même le pouce pour déboutonner le gilet du petit vieux.

Au fur et à mesure qu’il lui ôte ses fringues, je fouille les poches de celles-ci. Elles ne contiennent qu’un portefeuille bourré de papiers au nom de Ludovic Balmin. Ces papelards m’apprennent que le vieillard est antiquaire boulevard de Courcelles, au 120… Il est célibataire, il a soixante-six ans…

Je mets le portefeuille de côté.

À part ça, il y a encore de la monnaie dans ses poches, un trousseau de clés, un cure-dents en argent, un carnet de chèques postaux à son nom, un stylo plaqué or…

Rien d’anormal…

— Voilà, dit le préposé de la morgue.

Il en a terminé avec Balmin.

Maintenant le petit vieux est nu comme une arête de sole ! Pas excitant du tout, fatalement.

Je fais le tour de sa géographie.