Lorsqu’il a franchi la grille, je reviens à la maison.
Je bigle le système de chauffage afin de voir comment la môme Isabelle a pu brûler ses fameux papelards.
La carrée est chauffée au chauffage central, mais il y a des cheminées dans les chambres. Je vais les examiner. Pas besoin de s’esquinter les châsses pour comprendre qu’elles n’ont pas fonctionné depuis des temps immémoriaux.
Reste donc la chaudière. Ça me paraît bien costaud pour détruire des papezingues.
Enfin…
Je descends à la cave. Au fur et à mesure que je m’enfonce dans le sous-sol, je suis serré à la gargane par une odeur lourde et écœurante.
La chaudière trône au milieu d’un petit local cimenté. Je remarque, de chaque côté de la porte, des traces graisseuses. On dirait qu’on a fait brûler du suif là-dedans… Du reste, l’odeur qui m’incommode est une odeur de graisse brûlée.
J’ouvre la porte du foyer. Un tas de cendres tièdes. Je les fouille avec un long tisonnier. Elles puent atrocement.
Alors, surmontant ma répulsion, je me saisis d’une raclette et je les fais tomber sur le sol. Au bout d’une minute je recule, je gagne le fond de la pièce, j’appuie une main contre le mur riche en salpêtre et je me mets à dégueuler comme un brave homme.
Enfin, je reviens aux cendres, j’étale mon mouchoir par terre et, saisissant le morceau de mâchoire qui m’a noué les tripes, je le dépose dans le carré d’étoffe.