Là-dessus nous éclatons de rire.
Je mets une heure et quelques broquilles pour faire le voyage. Lorsque nous stoppons devant la propriété il y a dans tout le patelin de réconfortantes odeurs d’omelettes qui me font songer que midi est une belle heure… Mais il n’est pas question de becqueter, loin de là !
Cette serrure m’est déjà familière et je l’ouvre aussi aisément que si j’en possédais la clé véritable…
Rien n’a bougé depuis ma visite d’hier. J’entraîne le docteur André à la cave jusque devant la chaudière.
— Trouvez-moi un drap de lit, dit-il… Nous y récupérerons les cendres, et nous irons les examiner à la lumière, ici l’éclairage est nettement insuffisant.
Je cours chercher ce qu’il me demande… Nous raclons soigneusement le foyer de la chaudière, son cendrier et nous récoltons un gentil tas de cendres que nous coltinons jusque sur la table de la cuisine. J’ouvre tout grands les volets de celle-ci et nous obtenons une sorte de laboratoire de fortune fort estimable…
André ouvre une trousse dont il s’est muni. Il enfile des gants de caoutchouc, prend une boîte de fer plate, une pince, une loupe et se met à examiner les résidus récupérés dans la chaudière.
Il procède lentement. Parfois il s’arrête devant des scories carbonisées et les étudie comme un agent secret étudie la carte du bled où on va le parachuter. Il murmure :
— Coke…
Tout à mon idée de cadavres brûlés je demande :