— Comment avez-vous eu mon adresse ? lui demandai-je.
— Voyons, vous avez touché un chèque… Un chèque à votre nom… Je n’ai eu qu’à demander votre numéro de téléphone aux renseignements.
Je me mords les mouillettes : se faire contrer par un mou de la tronche, c’est vexant, non ?
— Que se passe-t-il ?…
— Eh bien ! fait-il, j’ai appris que l’homme qui vous intéressait était mort. J’ai fait un rapprochement entre ce décès survenu à la sortie de chez nous… (c’est de l’immeuble des Chèques postaux qu’il parle !) et votre interrogatoire…
Il est là, rigide, sévère, sentencieux, fier de lui, de son emploi, des douze gosses qu’il fera encore à sa pauvre femme et qu’il affublera de prénoms prétentiards…
— J’ai concentré mes souvenirs, poursuit-il.
« On concentre bien la tomate », me dis-je en regardant sa face de constipé.
— Et alors ?
— Je me souviens avoir entendu le vieillard dire à son compagnon : « Notez l’adresse… »