Il s’ébroue.
— Oh ! oui… Eh bien ! j’ai apporté un lot de monnaies d’or très important : plus d’un million… Pour faciliter ma trésorerie, j’ai demandé à Balmin de me régler ça immédiatement…
— En espèces ?
— Ça vous choque ?
— C’est une grosse somme…
— Voyons, monsieur le commissaire, réfléchissez. Dans mon commerce, on a besoin de liquide, que dis-je ! on ne travaille qu’avec le liquide… Les gens qui vendent des objets anciens sont des gens dans la gêne, n’est-ce pas ?…
— Exact…
— J’ai demandé à Balmin de retirer cette somme… Comme j’avais ma voiture, je lui ai proposé de l’emmener… Il a accepté… L’attente dans le hall des Postaux l’a fatigué… Il avait mal au cœur lorsque son numéro a été appelé et je l’ai accompagné au guichet.
Il dévide son histoire comme un funambule marche sur un fil. En calculant la portée de chacun des mots qu’il va proférer.
— Et après ? insisté-je impitoyablement.