Je soupire et referme la porte sans la franchir. Une idée me titille les cellules grises.
Je m’approche de la loge, frappe un petit coup rapide au carreau et je pénètre dans la tanière de la vioque.
Elle est là, la pipelette, avachie, croulante, vidée de toute dignité humaine… Elle se fait des réussites dans une odeur pesante et triste de crasse chaude, de graisse rance, de vin aigre.
Elle lève sur moi un regard gélatineux.
— Salut, ma bonne dame, dis-je en m’asseyant.
— C’qu’v’vlez ? éructe-t-elle.
— J’aimerais que vous placiez ce dix de trèfle sous le valet, dis-je, ensuite cette dame de carreau sous son barbu de mari ; et puis que vous ouvriez grandes vos manettes et que vous m’écoutiez…
Elle brouille ses cartes. C’est sa façon à elle de manifester contre mon intrusion.
— Vous avez tort, dis-je. Une réussite, c’est un peu un accessoire du destin, et on n’a pas le droit de malmener le destin.
Mais le baratin intellectuel, ça n’est pas le genre de la maison. Elle pousse un grognement qui, en truie, doit vouloir exprimer des choses peu gentilles.