Je me tâte, ne comprenant pas la raison de ce branchement insolite…

Et c’est le petit lutin qui, passionné cette fois par l’affaire, me dit que si le courant est faible, trop faible pour électrocuter un homme normal, il est suffisant, néanmoins, pour flanquer un méchante secousse à un cardiaque !

CHAPITRE VIII

Ne soyez pas trop franc

Un dernier regard à la voiture truquée, un suprême à ce que les journaleux appelleront « l’immeuble tragique » et je tourne le dos à tout ça…

Je me dirige vers la lumière, c’est-à-dire du côté de la vérité, car mon bon vieux naze ne m’avait pas trompé : il existe une vérité à découvrir. Une vraie ! Ce sera duraille mais je ne partirai pas chez les Ricains avant d’avoir donné un coup de projecteur sur toute cette eau trouble…

D’accord, c’est vachement embrouillé, c’est bizarre, c’est tout ce que vous voudrez, pourtant au milieu de tout cela il existe comme une logique : Balmin le cardiaque est tué — maintenant on peut taper dans le vocabulaire ! — dans la voiture de Parieux, lequel, étant donné la combine de la poignée électrisée, ne pouvait ignorer la chose… Le même Parieux est menacé, il écrit « Au secours ! » Et, en effet, il est buté par un malin qui lui trouve une mort peu banale… du moins quant à sa préparation… La maîtresse de Parieux, complice présumée du premier meurtre, trempe, semble-t-il, dans le second… Elle est la fille du toubib qui soignait Balmin pour son cœur et qui, par conséquent, savait qu’une légère émotion pouvait tuer ce dernier.

Vous le voyez, il y a dans tout ça matière à réflexions…

J’arrive à la hauteur du garage. Je franchis la vaste porte et je me trouve nez à nez avec un type superbement barbouillé de cambouis.

— C’est pour de l’essence ? demande-t-il.